samedi 15 avril 2017

Narkiss, Jean Lorrain, 1908

"Narkiss vivait là, sauvagement nu dans sa beauté resplendissante et pareil aux idoles."


En juin 1898, Jean Lorrain fait paraître un conte dans Le Journal. C'est une variation sur le thème de Narcisse, transposé dans l’Égypte antique. Narkiss, "prince d’Égypte et fils et petit-fils d'innombrables pharaons était d'une beauté surhumaine." Il porte en lui le sang de la grande déesse Isis. Les prêtres d'Isis le soustraient à sa mère et le gardent dans "un vieux sanctuaire autrefois consacré à Osiris et dont les ruines gigantesques, les ruines de trois temples retournaient déjà depuis huit siècles à la nature, ensevelies sous les lianes, les prèles, les acanthes et les hauts papyrus d'un bras mort du Nil."
Il avait d'Isis les larges yeux hallucinants, les immenses yeux aux prunelles de nuit où palpitent l'eau des sources et le feu des étoiles. D'Isis il avait la face étroite et longue, le menton accusé et la pâleur sacrée, la pâleur transparente et comme rayonnante qui dénonce aux initiés la déesse sous ses voiles. La nuit, sous les hauts palmiers balancés par la brise, sa nudité éclairait les ténèbres, et les Anubis à têtes d'éperviers souriaient sur leur socle, quand au cliquetis de ses longs pendants d'oreille le petit pharaon s'avançait grave et lent. Narkiss était toujours scintillant de joyaux et fardé comme une femme. En cultivant sa terrible beauté, les très vieux prêtres eunuques, commis à sa garde et chargés d'efféminer en lui un futur tyran, obéissaient moins à un ordre qu'à l'occulte puissance d'un don des dieux enivrant et fatal : Narkiss résumait en lui toute la beauté d'une race.
Mince et souple avec de droites épaules et une taille étroite, il s'effilait aux hanches pour s'épanouir au torse et portait aux aines le signe de la lyre; il était la grâce et la force.
Maintenu cloîtré, sans contact, sans connaissance de sa royale naissance, il est même tenu à l'écart de tout ce qui pourrait lui refléter sa propre image. Une nuit, il travers les trois temples, jusqu'au bras mort du Nil. Là, il s'approche de l'eau :
Les yeux hallucinés, les prunelles agrandies, les doigts des mains écartés et leurs paumes tendues droit devant lui, Narkiss enivré descendait vers l'eau. Autour de Narkiss, la fragilité des iris, la féminité des lotus et l'obscénité des arums, phallus d'ambre dardés dans des cornets d'ivoire, éclairaient comme des flammes, tour à tour de jade, d'opale ou de béryl.
Cette fascination le mène à la mort :
Le lendemain, aux premiers rais de l'aube, les prêtres d'Osiris trouvèrent le petit pharaon mort, enlisé dans la boue, au milieu des cadavres et de l'immense pourriture amoncelée là depuis des siècles. Debout dans la vase, Narkiss avait été asphyxié par les exhalations putrides du marécage mais, enfoncé jusqu'au cou dans le cloaque, il dominait de la tête les floraisons sinistres écloses autour de lui en forme de couronne ; et, telle une fleur charmante, son visage exsangue et fardé, sa face adolescente au front diadémé d'émaux et de turquoises se dressait droite hors de la boue et sur ce front mort des papillons de nuit s'étaient posés, les ailes étendues et dormaient. Isis avait reconnu Isis. Isis avait rappelé à elle le sang d'Isis.
Ainsi mourut, par une claire nuit de juin, Narkiss, petit-fils de la grande déesse et prince du royaume d’Égypte.


C'est ce texte que Jérôme Doucet réédite dans une édition de luxe, répondant à un désir de Jean Lorrain de voir ses écrits publiés dans des ouvrages dignes de lui, par la qualité de l'illustration, le choix du papier, le soin apporté à la typographie. Cela nous vaut ce beau livre - on pourrait même dire ce bel objet - paru deux ans après la mort de Jean Lorrain. C'est une forme de témoignage posthume qui lui est rendu.

L'ouvrage est illustré de 14 compositions, signées ODV Guillonnet, autrement dit Octave Denis Victor Guillonnet (1872-1967), un artiste aux multiples facettes, comme on peut le voir dans sa notice Wkipédia (cliquez-ici) et sur ce site qui lui est entièrement consacré (cliquez-ici). Ces compositions ont été gravées par Xavier Lesueur.

Frontispice, en 2 couleurs :


3 gravures en pleine page :




9 vignettes, dont ces 4 vignettes et celle en tête du message :






Description de l'ouvrage

Paris, Édition du Monument, MCMVIII (1908), in-8°, [68] pp., une gravure en frontispice hors texte, une vignette au titre, 9 vignettes gravées dans le texte, 3 gravures pleine page dans le texte, couverture illustrée et dorée.

Couverture :

Page de titre :

La mise en page (exemple sur la dernière page) :


Cet encadrement "à l’égyptienne" est reproduit sur toutes les pages, à partir du titre. Seul le petit motif doré en bas à droite change selon les pages. Les illustrations ont été imprimées à part, puis découpées et collées sur les pages de l'ouvrage.

L'ouvrage à été tiré à 300 exemplaires :
- 25 exemplaires sur Japon Shidzuoka avec 3 états des figures
- 50 exemplaires sur Japon avec 2 états des figures, pour F. Ferroud, éditeur.
- 225 exemplaires sur vélin à la cuve des papeteries d'Arches avec un seul état

Cet exemplaire, du tirage de 50 ex. avec 2 états, ne porte pas de justification, mais cette simple mention : « N° offert à l'artiste graveur » [Xavier Lesueur].

Il a été bien relié en box grège par Lobstein-Laurenchet :


L'ouvrage vient d'être réédité dans la Bibliothèque GayKitschCamp : cliquez-ici, avec la reproduction à l'identique de la typographie et de la composition du texte et des illustrations. Il est précédé d'une notice de présentation.

Il existe aussi une présentation très complète, avec quelques illustrations, dans la Collection Koopman de la Bibliothèque Royale des Pays-Bas : cliquez-ici.

dimanche 9 avril 2017

Amours secrètes

C'est avec beaucoup de plaisir que j'annonce le nouvel ouvrage publié par Nicole Canet :

AMOURS SECRÈTES
Dans l'intimité des écrivains
De Marcel Proust à Jean Genet en passant par Pierre Loti, Renaud Icard et Roger Peyrefitte.


Texte de présentation :


Comme toujours, la parution est accompagnée d'une exposition de certaines œuvres illustrant ce nouveau livre (21 avril - 27 mai 2017).

Pour plus de détails, je vous renvoie vers le site de "Au Bonheur du Jour" : cliquez-ici.

dimanche 2 avril 2017

Patti Smith et Rimbaud

L'annonce de l'achat de la maison Rimbaud de Roche par Patti Smith a donné lieu à quelques confusions sur la maison qui a été réellement achetée et le lien entre cette maison, Rimbaud et Charleville.


Vitalie Cuif, la mère d'Athur Rimbaud, avait hérité de son père d'une ferme importante située au hameau de Roche  (commune de Chuffilly-Roche, Ardennes) à une quarantaine de kilomètres au sud de Charleville. Cette maison, par son importance au sein du village, satisfaisait probablement cette aspiration à la notabilité qui a hanté la mère de Rimbaud toute sa vie. Elle devait lui rappeler cruellement la situation sociale précaire qu'elle occupait à Charleville, aggravée par le départ de son instable mari.

Cette maison a été utilisée par les Allemands comme PC lors de la guerre de 1914-1918. Ils l'ont détruite au moment de leur retraite, ne laissant qu'un pan de mur. La maison achetée par Patti Smith a été construite sur le terrain, mais dans une situation différente et en retrait de la route.

Ces deux images permettent de nous représenter la maison telle que l'a connue Arthur Rimbaud.


La maison achetée par Patti Smith est celle-ci.


Cette vue permet de la situer par rapport au pan de mur subsistant que l'on voit sur la gauche de cette photo :


Pour évoquer le séjour d'Arthur Rimbaud à Roche, durant ce printemps et cet été 1873 pendant lesquels il écrivit Une saison en enfer, le journal de sa sœur Vitalie nous fournit un témoignage précieux. Cette jeune sœur, née 4 ans après Arthur Rimbaud,  a tenu un journal dans lequel elle a consigné les faits de sa vie de jeune fille. Au-delà de l'intérêt que peut présenter ce texte pour entrer dans l'intimité d'une adolescente du XIXe siècle, c'est pour nous l'occasion d'une évocation familière d'Arthur Rimbaud. Au printemps 1873, Vitalie, son frère aîné Frédéric, sa sœur Isabelle, et leur mère s'installent pour quelques mois à la ferme de Roche. Le vendredi-saint de cette année-là, ils ont la surprise de voir débarquer Arthur. Vitalie Rimbaud relate avec beaucoup de fraîcheur et d'émotion cette scène de retrouvailles familiales :
Nous nous étions mis à bêcher une partie du clos qui se trouve derrière la maison car nous avions la prévision d'en faire notre jardin potager, aussi bien qu'il devait renfermer de jolies fleurs. Ce travail tout nouveau pour nous excita singulièrement notre ardeur et il ne fut point de moment à nous qui n'était employé à cultiver la terre. La chaleur, la fatigue, rien ne nous rebutait ; la perspective de voir ce terrain cultivé de nos mains et fécondé de nos sueurs produire de dignes fruits de notre travail, suffisait pour surmonter tous les obstacles. Nous arrivâmes ainsi au Vendredi Saint. Ce jour devait faire époque dans ma vie car il fut marqué d'un incident qui me toucha particulièrement ; sans en être pour ainsi dire prévenus, l'arrivée de mon second frère vint mettre un comble à notre joie. Je me vois encore, dans notre chambre où nous restions habituellement, occupées à ranger quelques affaires ; ma mère, mon frère et ma sœur étaient auprès de moi, lorsqu'un coup discret retentit à la porte. J'allai ouvrir et... jugez de ma surprise, je me trouvai face à face avec Arthur. Les premiers moments d'étonnement passés, le nouveau venu nous expliqua l'objet de cet événement ; nous en fûmes bien joyeux, et lui bien content de nous voir satisfaits. La journée se passa dans l'intimité de la famille et dans la connaissance de la propriété qu'Arthur ne connaissait presque pas pour ainsi dire.
Leur vie se déroule, occupée par les travaux de jardinage et d'économie domestique. Seul, Arthur est engagé dans sa dernière œuvre littéraire, Une Saison en enfer :
Le mois de juillet [1873], ce mois extraordinaire pour moi maintenant, fut la cause de bien des sensations, de bien des déterminations. Pendant que des heures rapides s'écoulaient pour moi dans les champs, ma sœur Isabelle restait à la maison, avait soin du ménage ; elle prenait avec une sollicitude que je partageais moi-même quand je rentrais, un goût excessif à l'arrangement des petits lapins et des jeunes poussins qui venaient de nous être donnés ; ces petites bêtes étaient de notre part l'objet d'une préoccupation toute singulière. Mon frère Arthur ne partageait point nos travaux agricoles ; la plume trouvait auprès de lui une occupation assez sérieuse pour qu'elle ne lui permît pas de se mêler de travaux manuels.
J'ai découvert ce texte lors de notre visite du musée Rimbaud de Charleville il y a une an :


Pour finir, cette très belle interprétation de Because the night, par Patti Smith :

samedi 11 mars 2017

Jean Marais, par Christian Bérard

Pour remercier ceux qui ont aimé le message précédent et qui me l'ont fait savoir par leurs sympathiques commentaires, je vous offre cette semaine ce beau portrait de Jean Marais par Christian Bérard.



Il est mis en vente parmi un ensemble de souvenirs et d’œuvres de Jean Marais, qui est proposé aux enchères dans quelques jours (25 mars).

vendredi 3 mars 2017

Boris Kochno et Christian Bérard

Une maison de ventes aux enchères  propose des archives de Boris Kochno et Christian Bérard. Pour mieux connaître ces deux personnalités de la vie artistique et gay de l'entre-deux-guerres, j'ai reproduit la présentation du catalogue de vente en fin de message.

J'ai extrait ces documents qui m'ont plu, en particulier les dessins de Christian Bérard où, derrière la simplicité du trait, se dévoile une réelle fascination pour le charme masculin. Le premier dessin me semble parfaitement illustré mon propos. J'espère que vous partagerez mon choix.

Dessins de Christian Bérard :











Deux peintures de Christian Bérard:



Autres artistes :

Fernand Léger : nu masculin

Kliment Nikolaevich Red'ko : Portrait de Boris Kochno, pastel

Photos de Boris Kochno : 



Photo de Christian Bérard : 

 

Composition illustrant le catalogue de la vente :


Lien vers la vente : cliquez-ici.
Lien vers le catalogue : cliquez-ici.

Préface du catalogue : 

Bébé est le surnom que ses compagnons des académies de peinture de Montparnasse donnèrent à Christian Bérard, évoquant ainsi sa ressemblance avec le bébé rose, joufflu et souriant des publicités pour un célèbre savon pour enfant. C’est par ce sobriquet que le peintre Pavel Tchelitchev fit un portrait de ce personnage rocambolesque à Boris Kochno. Ce dernier le rencontra pour la première fois alors qu’il était encore en relation avec Serge de Diaghilev auquel Jean Cocteau et Henri Sauguet avaient vanté les talents du peintre Christian Bérard. Il envisageait de lui confier les décors pour La Chatte, le ballet en préparation en 1926 pour les Ballets russe de Monte-Carlo. Boris Kochno décrivait alors Christian Bérard en ces termes : « C’était un jeune homme replet, de taille moyenne. Il avait les cheveux blonds, une bouche souriante et des yeux clairs et lumineux au regard candide. Je m’aperçus bientôt que ce visage ouvert et plein de charme changeait complètement selon les sentiments qui l’animaient et qui, parfois, modifiaient brusquement ses expressions et ses couleurs. »

Après la mort de Diaghilev en 1929, Bérard et Kochno commencent leur collaboration avec le ballet La Nuit sur une idée de Kochno. Celui-ci fut présenté au Palace Theatre de Manchester un an plus tard. Bérard travaillait également à l’époque au portrait de Kochno. Il le rejoignait dans son atelier qui était alors encore au domicile des parents de Bérard dans un hôtel particulier Villa Spontini. La peinture apparaissait avoir une emprise sur Bérard tel que Kochno l’expliquait : « Il me semblait ne plus être seul avec Bérard... J’avais l’impression qu’un être occulte le secondait dans son travail, guidant sa main gauche qui maniait le pinceau, ou bien la retenant à mi-chemin lorsqu’elle s’avançait vers la toile. Bérard paraissait suivre les conseils de quelqu’un qui se tenait derrière lui et lui parlait à l’oreille, car, par moment, il s’arrêtait de travailler, se retournait comme pour écouter ce qu’il lui disait, puis s’exclamait, tapait du pied et recommençait à peindre avec furie. »

En parallèle de La Nuit, Bérard exécutait les décors de La voix humaine, pièce en un acte de Jean Cocteau dont la première eut lieu au théâtre de la Comédie-Française le 17 février 1930. C’est à ce moment que Bérard et Kochno s’installèrent ensemble au Marquis’s Hôtel, place Pigalle, pour ensuite rejoindre pour de nombreuses années le First Hôtel, place Cambronne. Suivront ensuite pour Bérard la création des décors et costumes du ballet Cotillon (1932) exécuté par la troupe des Ballets russe de Monte-Carlo, la Machine infernale (1934) mise en scène par Louis Jouvet au théâtre de la Comédie des Champs-Elysées , Margot (1935), une comédie humoristique avec une musique de Georges Auric et Francis Poulenc, La Septième symphonie (1938), un ballet dont le livret et la chorégraphie sont de Léonide Massine, Renaud et Armide (1942), tragédie en vers de Cocteau interprétée notamment par Marie Bell, La Folle de Chaillot (1943) de Jean Giraudoux, Les Forains (1945), dont la musique est de Henri Sauguet et la chorégraphie de Roland Petit. L’on se doit enfin de citer l’étroite coopération qu’il entretint avec Jean Cocteau les dernières années de sa vie en travaillant aux décors et costumes de célèbres films tels que La Belle et la bête, L’Aigle à deux têtes ou encore Orphée.

Christian Bérard et Boris Kochno c’est aussi l’histoire de la vie mondaine avant-guerre. Ils étaient proches et amis de nombreuses personnalités : Coco Chanel, Christian Dior, Elsa Schiaparelli, Misia Sert, les Noailles, la comtesse Pastré, Louise de Vilmorin, Jean Cocteau, Léonide Massine, Georges Balanchine, etc. Les fêtes auxquelles ils ont participé étaient toujours l’occasion pour Bérard de se déguiser. C’était en effet pour lui une échappatoire aux exigences du raffinement. Car bien que « doué d’un sens exceptionnel de l’élégance vestimentaire », Bérard était de manière générale négligé dans sa tenue. Il portait néanmoins un soin particulier à la rendre extravagante : « … vêtu d’une salopette délavée ou d’un bleu de travail rapiécé et maculé de couleurs. Parfois, il s’enroulait autour du cou un grand foulard bigarré et épinglait aux vestes d’ouvrier qu’il portait une rose ou un œillet… » Ainsi en témoignent les nombreuses photos conservées de lui.

Depuis leur nouvel appartement du 2 rue Casimir-Delavigne, Bérard et Kochno organisèrent leur quotidien. Celui-ci se rythmait par les voyages de Kochno à Londres ou leurs vacances à Tamaris (1931) et le refuge trouvé pendant la guerre chez Jean Hugo au Mas de Fouques, chez la comtesse Pastré au château de Montredon ou encore au Goudes où Kochno avait une petite maison. Cette vie était également alternée par les séjours de Bérard « prisonnier d’inavouables habitudes » à la Maison de santé de Saint-Mandé où Boris Kochno l’accompagnait toujours. La relation des deux hommes fut très forte comme témoigne la correspondance passionnée qu’ils entretinrent.

Christian Bérard est mort de façon précoce sur scène alors qu’il supervisait la mise en place du décor des Fourberies de Scapin au Théâtre Marigny. Boris Kochno recueillit les condoléances de toute la société du spectacle, foudroyée par la perte brutale d’un génie. Sa vie durant Boris Kochno se consacra à promouvoir le travail de son ami intime, en perpétuant ainsi la mémoire. Il participa ainsi à l’organisation des expositions au Musée National d'Art Moderne de Paris (1950), au Musée Cantini de Marseille (1973), et rédigea, outre les nombreuses publications auxquelles il a collaboré, un ouvrage qui lui est entièrement consacré (1987).

mercredi 4 janvier 2017

Meilleurs vœux pour cette année 2017


En ces temps troublés, pleins de bruits, de fureurs, mais aussi d'espoirs, il est toujours plus indispensable de se rappeler nos guides du passé. Certes, nous connaissons Gide (qui a l'honneur d'être un des auteurs du bac cette année), Cocteau, Genet, Jouhandeau, Lorrain, etc. Mais il est aussi nécessaire de rappeler à notre souvenir ces "obscurs" qui, par leurs écrits, ont apporté leur contribution à notre histoire.


En cette année 2017, j'aimerais rendre hommage à Pierre Guyolot-Dubasty (1898-1927) qui a fait publier un recueil de quelques contes homosexuels en 1924 sous le pseudonyme d'Axieros. Paru la même année que la première édition publique du Corydon de Gide, ce livre, encore un peu maladroit, est passé inaperçu. Même aujourd'hui, il est bien oublié alors que, par certains aspects, il s'avère plus moderne que le Corydon. J'espère pouvoir vous entretenir plus de ce livre dans les semaines qui viennent. J'espère aussi pouvoir terminer cette étude sur Pierre Guyolot, qui m'a déjà permis de trouver d'intéressants éléments sur sa vie.